👩‍💻Le dev est mort, vive le dev ! 🧑‍💻

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2026, Aug 01    

🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿 You can find the English version of this article here 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿.

🤔 Encore un article prédisant la fin du métier dev ?

Est-ce un n-ième article où l'auteur va prédire dans sa boule de cristal que le métier de dev est fini et qu'il faut penser à faire autre chose 🤔 ?
Non, enfin pas tout à fait 😊.
Il y a quasiment un an, je tentais de mettre des mots sur ma relation entre l'IA générative et le (mon) métier de dev avec cet article. Je vous propose de nouveau, de se pencher sur les impacts de l'IA sur notre métier. Bien entendu, ce n'est que ma vision et je ne prétends en rien avoir la vérité et une meilleure boule de cristal que les autres 😅.

✊ Toute lutte est inutile… vraiment ?

J'ai bien peur, qu'au moment où j'écris ces lignes vouloir combattre l'avènement de l'IA générative dans le monde du développement est compliqué. Non pas qu'il n'est plus possible d'écrire du code sans IA. Non, ça, comme depuis le début de notre métier, et ce, malgré les évolutions, faire du code à l'ancienne a toujours été et sera toujours possible. Quand je dis à l'ancienne je parle d'un éditeur plus ou moins avancé et de produire manuellement de façon digitale (aka avec ses doigts 😂) son code.

La lutte dont je parle est celle sur le marché du travail ou en entreprise.

Aujourd'hui, chercher un emploi de développeuse ou développeur et ne pas vouloir faire de l'IA ou ne pas indiquer que l'on sait utiliser des générateurs de code basés sur de l'IA est une posture qui semble rédhibitoire. Je ne dis pas que c'est bien ou mal, juste qu'il faut s'adapter. Tout comme il y a 30 ans quand il a fallu s'adapter à l'émergence du Web ou 20 ans avec le smartphone. Les personnes qui sont restées sur le minitel n'ont pas forcément survécu dans le monde du développement.

Il en est de même au sein de l'entreprise, rien ne vous oblige à utiliser de l'IA (du moins si c'est le cas, posez-vous des questions) mais au final le contexte lui vous y oblige (plus ou moins de façon importante). Le train (et pas que SAFE) est en route, la frénésie de vouloir mettre en production de plus en plus de features, le plus vite possible ne vous donne pas toujours le choix 🥺.

L'investissement massif de nos entreprises fait que l'attente est énorme, nous sommes passés d'un·e dev x10 à x100 🤪 dans l'imaginaire de nos dirigeant·es. Nous voyons l'émergence de nouveaux rôles ou métiers tels que les Product Engineers ou encore des PM / PO développeuses et développeurs.

Oui, donc lutter contre cette tendance n'est pas impossible, mais risqué pour notre carrière.

Alors résigné·es, on n'a plus le choix 🥺 ?

Ce n'est pas tant une question de choix que d'évolution. Je vais reprendre ma comparaison avec l'ébéniste que j'avais utilisée dans mon précédent article. Est-ce que les ébénistes ont été obligé·es de passer à de l'outillage et de l'automatisation de leur métier ?

Oui et non.

Oui pour celles et ceux qui voulaient en faire leur métier, faire en sorte que les factures de fin de mois soient payées 🧾. Cela n'enlevait en rien l'amour du métier, il se faisait juste de manière différente.

Non pour celles et ceux qui continuaient à le faire en loisir, à la main ou tout simplement qui choisissaient de rester sur ce créneau pour en faire un argument de qualité et d'expertise. Risqué, mais cela fonctionne dans certains cas.

Mon avis, par rapport à mon précédent article n'a donc pas tant changé que cela. Plutôt que de lutte, je préfère parler d'adaptation, de changement et d'évolution.

✨ Au détriment de la passion et de la créativité ?

C'était la grande question, mon point de vue a quelque peu évolué, mais pas tant que cela. Nous changeons d'ère, nous étions dans l'ère où de nombreuses personnes choisissaient ce métier par passion, par envie et moins par nécessité ou opportunité.

L'IA ne va pas changer, selon moi, cette perspective, les passionné·es resteront passionné·es et viendront à ce métier pour tout ce qu'il apporte 🤩. Par contre, oui, de nouveaux profils vont arriver, des personnes qui voient le code comme un outil et non pas une finalité. Est-ce mal ? Je ne pense pas. Il faut juste que ces deux visions cohabitent, ne pas essayer de convaincre l'un·e et l'autre que sa vision est la meilleure. Voire, elles sont peut-être complémentaires si elles sont bien utilisées.

Dans bien des cas l'IA a permis à des personnes, jusque-là limitées par leurs connaissances, de créer (ou plutôt générer 😊) une application. Est-ce que c'est mal de l'avoir fait sans être expert·e dans le développement 🤔 ? Non, je ne crois pas, le principal est ce que l'on en fait. Et dans ce domaine que ce soit créé par un·e dev ou de l'IA, il n'y a pas de différence.

Est-ce que c'est mal d'utiliser une imprimante 3D pour créer un objet alors que l'on n'a pas la maîtrise de fabrication des pièces et de leur assemblage ? Je ne pense pas que l'on se soit posé la question dans ce sens pour l'impression 3D par exemple.

✅ Et la qualité alors ? Elle est la grande perdante ?

C'est certainement l'argument que l'on entend le plus : l'IA génère des applications d'une qualité médiocre 🗑️. Mais avant de savoir si une application est de bonne ou mauvaise qualité, il faut définir ce que l'on entend par une application de qualité. Très longtemps, on a défini une application comme étant de qualité par le fait qu'elle était bien écrite, avait des tests, était facilement maintenable, évolutive, ... 📋

Faire une application de qualité, en tout cas avec ces critères, n'a jamais garanti qu'elle soit perçue telle qu'elle par ses utilisatrices et utilisateurs. Une application bien écrite, mais mal pensée sera perçue comme de piètre qualité. Et l'inverse peut être vrai : une application mal écrite, mais bien pensée pour ses utilisatrices et utilisateurs sera perçue comme qualitative par celles et ceux-ci.

On le voit la qualité est subjective, certes si l'application est bien faite, elle sera plus facile à faire évoluer, à déployer… ✨,

Mais lorsque vous achetez un meuble est-ce que vous voulez que le meuble ait été pensé et construit avec toutes les bonnes pratiques et les outils faits à la main par les ébénistes experts ou simplement que le meuble réponde à vos besoins et dure dans le temps ? Vous ne démontez pas le meuble pour voir comment il a été fait pour valider que tout a été respecté avant de l'acheter, en règle générale vous vous fiez à l'aspect extérieur et à son utilisation.

Les applications générées avec de l'IA (tout ou partie) peuvent très bien avoir la même définition de qualité : que les personnes les utilisant aient une expérience la plus qualitative possible. Comment elle a été faite n'est pas leur souci.

Alors oui, on entend beaucoup de choses concernant la maintenance, le fix de bugs, la sécurité…, et c'est vrai. Mais au final les mauvaises applications ne seront pas utilisées et les bonnes oui, qu'elles aient été générées ou non avec de l'IA.

Fanny Klauk en parle très bien dans sa conférence Dev et Ops des clients comme les autres. Que ce soit pour une application interne ou externe, faire que l'application réponde à ce que les utilisatrices et utilisateurs attendent est la première brique primordiale pour fidéliser des clients. Je vous laisse aller regarder le replay, sous le prisme de cet article (qui n'est pas celui de Fanny à l'origine) mais je pense que quasiment toutes les notions qu'elle aborde sur la partie outillages et applications s'appliquent ici.

Donc non, la qualité ne sera pas la grande perdante. Elle sera certainement différente de ce que l'on avait connu et l'habitude de faire. Mais est-ce qu'une couverture de code à 100% était vraiment un signe de qualité d'une application ?

Est-ce qu'il ne serait pas temps de mettre dans l'estimation de la qualité la partie perception utilisatrices et utilisateurs ?

🛠️ Et si ce n'était que l'automatisation de notre métier ?

Une des grandes erreurs, je pense, de la perception de l'IA générative dans la création de logiciel est de ne pas la voir comme un outil comme les autres outils de notre chaine de conception. Un outil sur puissant certes, mais un outil 🏗️.

Peut-être qu'un jour, il n'y aura plus besoin d'aucun humain pour créer un logiciel de A à Z, mais pour l'instant ce n'est pas le cas ✋. On a beaucoup d'exemples dans l'industrie de métiers où l'automatisation a transformé énormément la façon de réaliser les choses. Certains métiers ont connu une diminution plus que majeure de main d'œuvre, d'autres se sont transformés... certains disparus 😢.

Alors oui pour une fois, on se retrouve confronté à ce que l'on fait depuis tant d'années : automatiser des tâches par la machine pour remplacer / améliorer des actions humaines répétitives et parfois rébarbatives. Cela ne vous fait pas penser à quelque chose 🤨 ?

Et comme tous les métiers qui se transforment, qui vivent une automatisation, cela fait peur et la phase de transition est plus ou moins violente pour les personnes en place. J'aime développer, j'estime donc avoir de la chance d'avoir connu la période où il fallait tout développer soi-même (peut-être que certaines ou certains de ma génération n'ont pas le même point de vue d'ailleurs). Mais pour les générations à venir, cela paraîtra incongru de savoir qu'à une époque, il fallait passer autant de temps et avoir autant de connaissances pour générer une simple application web manipulant des données utilisatrices et utilisateurs 😉.

Comme je le disais à l'instant, c'est le passage d'un mode à l'autre qui va faire des frictions avec des personnes comme moi qui auront du mal à passer à autre chose. Certainement comme tous les métiers qui ont connu une forte automatisation. Ils n'ont pas disparu, ils ont juste évolué, se sont transformés 🐣. Et les personnes aussi, une agricultrice ou un agriculteur en 2026 n'a pas du tout le même profil qu'une agricultrice ou un agriculteur en 1906. Et pourtant on appelle toujours ça une agricultrice ou un agriculteur 🚜.

C'est ce qui risque d'arriver pour le métier de dev, on appellera ça toujours un·e dev, mais ce ne sera plus tout à fait le même métier.

👩‍🏫 Et nos jeunes diplômés ?

C'est une autre grande interrogation de notre métier. Que vont devenir les jeunes diplômé·es, ils n'arrivent plus à trouver de travail 🎓. Là encore, pour moi, c'est principalement une phase de transition, celles et ceux qui ont commencé leurs études avant l'arrivée de l'IA sont celles et ceux qui vont certainement le plus souffrir 😓. C'est encore une question de moment, et sur l'échelle de la société cela restera une quantité minime de personnes même si sur le moment, c'est angoissant pour les personnes voyant la filière qu'elles ont choisie se transformer. La principale nouveauté est qu'avec l'IA cela se transforme très (trop) rapidement pour avoir, parfois, le temps de s'adapter.

Une fois l'IA étant apprivoisée pleinement dans le métier de dev, les cursus scolaires évolueront, ainsi que ce que l'on attend d'un·e dev. On continuera à apprendre comment tout cela fonctionne, comme on le faisait à l'école en apprenant à manipuler des portes logiques via des transistors et du courant alors qu'en entreprise, on utilisait des IDE et des langages de haut niveau comme Java ☕️.

Nos jeunes seront adaptés à cette nouvelle façon de faire, ce ne sera juste pas le même métier que ce qu'on leur (et nous) demande aujourd'hui.

Je ne suis ni devin ni expert dans le recrutement 🔮, mais j'ai l'impression que le vrai changement va être que la filière du développement ne sera peut-être plus cette filière si lucrative et garantissant un emploi. La partie développement ne sera peut-être qu'une matière parmi tant d'autres afin de savoir ce qui se passe lorsque l'on utilise des outils comme l'IA et non plus un métier à part entière. Et peut-être aussi que certaines écoles spécialisées en reconversions lucratives (pour qui ?) verront leur eldorado disparaître petit à petit 💸.

Je peux donc comprendre que nos jeunes diplômés soient effrayés par ce que l'IA apporte comme changement 🤗. Au final, nous vivons la même chose, nous, anciens dev.

Mais tout comme nous, le changement ne va pas se faire sans heurts, mais une fois effectué, ce sera une nouvelle façon d'appréhender ces études et ce futur métier.

☠️ Mais alors le dev n'est pas mort ?

Oui et non. Vous l'aurez peut-être compris avec cet article, je ne prétends pas avoir la vérité 🔮. Pas plus que je cherche à me rassurer ou à convaincre avec mes propres idées. Je cherche juste à partager une réflexion et peut-être, vous rassurez (un peu) comme j'essaie moi-même de donner un sens à ces évolutions 🔀. L'IA est là et lutter contre semble un pari risqué, tout comme se laisser submerger et ne plus rien contrôler.

Il faut accepter de vivre avec en tant que dev, accepter de faire son métier différemment quitte à ce que cela remette en question bien des habitudes lorsque cela fait longtemps que l'on fait ce métier. Se garder la possibilité, pour les plus nostalgiques, de faire ça comme au bon vieux temps, peut-être plus sur du loisir 🏖️. Ou créer un marché de niche, comme il en existe dans beaucoup de domaines en mettant en avant le côté manuel et expertise (est-ce viable dans notre domaine ?).

L'expertise sera peut-être ailleurs, peut-être sur les choix d'architecture, le déploiement ou toute autre chose qui sont dans la chaîne de valeur d'un logiciel. Et encore, on se rend compte que de plus en plus de nos tâches amont et aval de la conception de logiciel peuvent être ou sont en passe d'être couvertes par l'IA.

Tout simplement accepter, sans résignation, mais avec lucidité que le monde du développement tel que nous l'avons connu est en train de disparaître au profit d'un nouveau monde où le développement y a toujours sa place, mais de manière différente.

Si vous êtes arrivés jusque-là merci de m'avoir lu et s'il y a des coquilles n'hésitez pas à me faire une issue ou PR 😊.